Un peu d'histoire

 

 

 

 



La "Terre Sainte" est cette région tout à l'ouest du Canton de Vaud, située entre Nyon et la frontière genevoise. Neuf communes entourent l'enclave genevoise de Céligny. Mies, Tannay, Coppet, Founex et Crans ont le privilège d'avoir les pieds dans l'eau du Léman. Les autres communes, soit Chavannes-des-Bois, Chavannes-de-Bogis, Commugny et Bogis-Bossey longent la frontière française et le pied du Jura.

Au contact de Nyon, chef-lieu du district, la commune de Crans s'étend sur 439 ha, du lac à l'autoroute. Le village même se situe sur un coteau dominant le bassin du Léman. Plus ancienne construction datée, le temple (dernier quart du 15ème siècle début du 16ème siècle) occupe le promontoire sud d'où la vue s'étend de Genève à Lausanne.


A l'époque romaine, le territoire de Crans faisait partie du pays des équestres dont Nyon était la capitale. La première mention d'une communauté remonte au début de l'an mil, époque de la construction du temple actuel.

Ce groupe de chaumières, dont les habitants étaient des serfs, des paysans et des vignerons était appelé Cranos, puis devint successivement Cranz, Crant et enfin Crans. Ce territoire du royaume de Bourgogne fut offert à L'Evêque de Lausanne, en 1032, par Hugues, fils de Rodolphe III.

Si l'évêque était leur suzerain direct, les serfs n'en devaient pas moins hommage au duc de Savoie, qui leur assurait protection moyennant une redevance annuelle.

Les Bernois envahirent le Pays de Vaud en 1536; ils s'emparèrent des biens de l'Eglise et les revendirent aux laïcs. C'est ainsi qu'Urbain Quisard, notaire savoyard établi à Nyon, acheta le territoire de Crans. Sa famille habita l'ancien château, aujourd'hui disparu, et resta propriétaire du village pendant 221 ans.

En 1763, ses héritiers vendirent la terre de Crans au financier genevois Antoine Saladin. De tout temps, la famille Saladin s'intéressa activement à la vie sociale du village, prenant souvent à sa charge des dépenses d'intérêt public.

Le nouveau château, merveille de style Louis XV, devint en 1865 propriété de Mme Ariane Van Berchem-Saladin. Il appartient toujours à ses héritiers dont la générosité n'est jamais en défaut. Les châtelains et les autorités communales ont toujours entretenu des relations privilégiées.

Petit village de 400 habitants en 1960, Crans se développa ensuite rapidement sous la pression de la conjoncture. Plusieurs quartiers résidentiels furent créés, accueillant de nombreux habitants actifs à l'extérieur de la commune. La population est passée à 780 habitants en 1972, puis à 1500 au début des années 80. Depuis lors, l'augmentation s'est stabilisée.

Au chapitre des biens communaux, il faut mentionner l'alpage de Cuvaloup, 170 ha, situé sur la Commune de Gingins. Ce territoire se trouve sur le versant nord de la Dôle, au centre du domaine skiable. Le chalet-restaurant, situé au départ des pistes, est également propriété de la commune. Un télésiège de 4 places et 8 téléskis sont exploités par TéléDôle.

Crans possède un port de 200 places, agrandi et modernisé en 1982. En 1995, la commune a pu acquérir une parcelle attenante de 7'000m2, magnifique espace vert arborisé, mis à disposition du public. Chaque année au mois de juin, le Festival Caribana s'y installe, offrant cinq jours de musique et de convivialité, au sein d'un cadre naturel idyllique.

Au village, un centre communal, construit en 1982, abrite l'administration, une bibliothèque et une salle de gymnastique. En prolongement, se trouve le centre sportif avec trois terrains de football, la place de jeu et les courts du tennis-club.

En 1997, le Conseil communal a adopté un nouveau plan de quartier permettant, sur 40'000 m2, l'extension du bourg vers le nord. Une première étape, concrétisée par la construction de cinq immeubles, débutera en mars 2010.

Le PGA (Plan Général d'Affectation) est actuellement en cours de révision. En plus d'une actualisation nécessaire après bientôt 30 ans, une zone d'extension du bourg ainsi qu'une zone d'activités sont prévues sur une parcelle attenante au village. Il s'agit là d'un projet fort intéressant qui permettra, d'une part de proposer des logements à prix accessibles, faisant cruellement défaut dans la région, et d'autre part, de conserver, voire accueillir des entreprises des secteurs secondaire et tertiaire. Ce projet ne pourra toutefois se concrétiser qu'avec l'aval du Service du Développement territorial (à suivre !)

La vie associative à Crans est intense et variée. Une trentaine de sociétés et groupements actifs offrent à tous des activités diverses : chorale, football-club, club nautique, tennis, gymnastique, volley-ball, pétanque, potes au feu, patchwork, troc etc.

Une équipe particulièrement active anime la Société de Développement. Elle soulage la Municipalité en organisant la journée des aînés, l'accueil des nouveaux habitants, la vente des sapins de Noël et d'autres événements, tels que conférences à thème, tables rondes, etc. La bibliothèque communale fonctionne également sous sa responsabilité et présente régulièrement des expositions réservées aux artistes de la région.

Crans est une commune favorisée naturellement de par sa situation géographique, mais également en raison de sa fiscalité modeste. Pendant de nombreuses années, les impôts sur les gains immobiliers ont été conséquents et de bons contribuables se sont établis chez nous. Mais les choses évoluent et l'augmentation sévère du taux de péréquation, imposée par le canton, se traduit par une participation massive des communes dites "riches" à la facture sociale.. L'Etat de Vaud, en pleine crise financière, a décidé des reports de charges importants sur les communes. Par une augmentation sévère du taux de péréquation, les communes dites "riches" de l'Ouest vaudois, et quelques autres, sont punies par une augmentation massive de leur facture sociale. Nos impôts vont donc augmenter, et certains conseils communaux réagissent violemment, quelquefois dans le désordre et avec excès. La solidarité avec les nombreuses communes, à taux d'imposition maximum, et néanmoins en sérieuses difficultés, est nécessaire.

Malgré ces quelques nuages à l'horizon, gageons que les 2'170 "Corbeaux" continueront d'apprécier la qualité de la vie qui règne au sein de leur commune; c'est d'ailleurs l'une des priorités des autorités en place.